Prévention de l’AVC, dépistage et accompagnement thérapeutique

Le mercredi 30 janvier 2019, le Club Acteurs de la Prévention s’est réuni pour un déjeuner conférence à la Terrasse du 7ème autour du thème de l’AVC, notamment au sujet de sa prévention, de son dépistage et de son accompagnement thérapeutique. Ce déjeuner s’est déroulé sous la présidence de Loïc Kervan, député du Cher et membre de la commission de la défense nationale et des forces armées. Nous avons également eu l’honneur de recevoir parmi nous, Yannick Haury, député de Loire Atlantique. Nous remercions aussi la participation de Boehringer Ingelheim et Johnson & Johnson.

« L’AVC est l’affaire de tous ! » déclare Loïc Kervan lors de son discours d’introduction. Aujourd’hui, on compte 1 AVC toutes les 4 minutes, soit 150 000 victimes par an en France. 2ème cause de mortalité chez la femme, et la 3ème chez l’Homme, l’AVC est donc un enjeu de santé publique primordial qu’il faut rappeler. La prévention de l’AVC passe essentiellement par la surveillance des facteurs de risque ainsi que par l’accessibilité rapide aux soins. Loïc Kervan, ainsi que l’ensemble des intervenants au déjeuner, soulignent la nécessité de réorganiser la filière médicale afin d’avoir une prise en charge rapide, fiable et adaptée, qui réduirait les risques. Loïc Kervan insiste également sur le besoin d’améliorer la prévention de l’AVC en formant la population française aux gestes de premiers secours essentiels en cas d’apparition de premiers symptômes. C’est d’ailleurs l’un des engagements du service national universel (SNU). 

Le Docteur Pierre Charestan, président de la Commission Médicale d’Etablissement des centres hospitaliers d’Ile de France et chef de département des urgences du centre hospitalier d’Aulnay, a voulu attirer notre attention sur le fait que l’AVC est la première cause de handicap chez l’adulte. En effet, les séquelles qui apparaissent suite à un AVC peuvent être aggravées en raison d’un manque d’information sur les premiers gestes de secours à adopter ou de sa mauvaise prise en charge. En tant que Docteur, il nous prescrit d’appeler le 15, le SAMU, au plus vite, en cas de signes annonciateurs. Car chaque minute compte dans l’AVC. Plus on passe du temps à attendre la prise en charge des victimes d’AVC, plus le problème va se propager et se transformer en un handicap ou devenir mortel. De plus, l’AVC est une pathologie de la personne âgée qui va ne faire qu’augmenter du fait du vieillissement de la population et des modifications d’habitudes de vies. Par conséquent, mieux prévenir et informer le public sur la prévention de l’AVC, qui doit être érigée au rang de priorité de santé publique.

Depuis plus de 30 ans, le laboratoire Boeringher Ingelheim travaille dans le domaine de l’AVC en mettant à disposition des thérapies innovantes. Marc Odic, responsable des affaires publiques et des relations avec les associations de patients, a exposé les pistes d’actions de Boeringher Ingelheim au sujet de l’AVC. Rappelant, une fois de plus, la nécessité de la prévention, il constate que seulement 1 français sur 2 sait reconnaître les signes d’alerte d’un AVC. Marc Odic souligne aussi l’importance de la coordination des acteurs dans le parcours de santé. C’est la mission que s’est fixée Boeringher Ingelheim : travailler conjointement avec l’ensemble des professionnels de santé pour faciliter le parcours en améliorant leur coordination, dans le but de réduire le nombre de séquelles et la sévérité du handicap. Il s’agit également de développer la coopération entre établissements de santé pour diminuer le délai d’attente entre l’apparition des premiers symptômes et  l’attribution des premiers soins.

Françoise Benon, présidente-fondatrice de la Fédération Nationale France AVC, déclare qu’il faut faire de l’AVC une cause prioritaire de santé publique au niveau national. Depuis 21 ans, Françoise Benon se bat pour sensibiliser le grand public sur ce qu’est l’AVC et la conduite à tenir face à l’apparition des premiers symptômes. Elle a mené de nombreuses campagnes d’affichages, notamment dans le cadre du plan AVC 2010-2014. Elle interpelle les pouvoirs publics, en particulier le ministère de la Santé, pour coordonner les actions en harmonisant les campagnes de prévention afin d’impacter de manière plus profonde le grand public. Elle propose de faire des affichages dans toutes les gares de France y compris les TER, 2 fois par an, afin de sensibiliser la population, d’informer sur les signes annonciateurs de l’AVC et de prodiguer des conseils de prévention. La mise en place de mesures préventives permettrait de réduire le risque de 20 à 50%. Un chiffre indéniable compte tenu du nombre de victimes par an.

Les intervenants ont également souligné le manque de neurologue et donc d’unité neuro-vasculaire en France, 149 contre 250 en Allemagne. De plus, l’enjeu est d’envisager une répartition plus équitable de ces unités neuro-vasculaires sur le territoire car beaucoup de régions n’en disposent que d’une (Auvergne, Bourgogne, Corse, Limousin…). Seulement 32% des victimes d’AVC atteignent une unité neuro-vasculaires dans le délai de 4 heures 30, permettant une prise en charge par thrombolyse. Après 6 heures, il faut réaliser une thrombectomie.

L’AVC a également un impact important sur toute la charge financière du système de santé. Le coût moyen par patient vacille entre 7 800 et 41 000 euros selon la sévérité de l’AVC, soit plus de 8 milliards d’euros par an si l’on prend en compte l’ensemble des dépenses de soins et des dépenses médico-sociales.

Charles Schoen, président de TerraFirma, a fait valoir la nécessité d’un changement de comportement en faisant de la prévention individuelle: a des étapes de la vie, il faut avoir le réflexe de consulter un médecin pour faire une évaluation d’état de santé.

L’AVC est donc l’affaire de tous. Chacun a un rôle majeur à jouer pour transmettre les gestes à adopter face à une victime et éviter la complication de l’AVC. Ainsi, en cas de trouble de la vision ou de la parole, d’inertie d’un membre (jambe ou bras), de la paralysie du visage (bouche de travers)… un seul réflexe : appeler le 15 (SAMU) !